Vintage Ride – 11 mois de voyage en Eurasie

 ONZE MOIS DE VOYAGE EN EURASIE EN SAC À DOS
Interview : Onze mois de voyage en Eurasie en sac à dos
 Passez votre souris sur les photos pour en voir les légendes.

Bonjour Stéphanie. Tu es enfin rentrée chez toi en France, après ce long voyage. Pourrais-tu nous dire où tu es allée et pendant combien de temps ?

J’ai arrêté de travailler le 29 août 2013, et le premier septembre j’étais dans l’avion pour Moscou ! De là j’ai traversé la Russie avec le transsibérien jusqu’à Vladivostok puis je suis me suis embarquée pour la Corée du Sud. Ensuite l’Inde du Nord en Royal Enfield, l’Indonésie à scooter, les Philippines en bateau, la traversée de la Malaisie à bord du jungle train, l’Australie et la Nouvelle-Zélande en Greyhound, et enfin l’Asie centrale – Kirghizstan, Ouzbékistan, Kazakstan… Onze mois d’une expérience incroyable.

Confins du Kirghizstan. Entre les Sables Rouges et les Monts Célestes se dresse le   caravansérail de Tash Rabat, j’en rêvais depuis toujours.

À  40 ans, qu’est-ce qui t’a poussé à faire cela ?

Il y a une phrase de Marguerite Yourcenar que j’aime beaucoup : « Qui voudrait mourir sans avoir fait le tour de sa prison ». La première fois que je suis allée en Asie j’avais vingt ans, et c’était en Thaïlande. Lorsque nous nous sommes baladés dans le « triangle d’or », à la limite de la Birmanie et du Laos, j’ai eu très envie d’aller voir derrière la frontière quels étaient les points communs et les différences.  Et puis plus loin, et encore plus loin… Comprendre les influences culturelles des uns sur les autres c’est remonter le cours de l’histoire, et le vivre plutôt que de le lire est excitant, fascinant, bouleversant…

Comment t’es-tu organisée ?
Ça va paraître idiot mais pour ne pas stresser, avoir peur d’oublier des choses, de tout devoir faire au dernier moment, j’ai tout simplement créé une feuille Excel six mois avant le départ. Visas, vaccins, visites médicales, procurations postales, ‘‘business plan’’, achat de vêtements et accessoires spécifiques… J’en ai fait un peu chaque mois et en définitive tout a marché comme sur des roulettes !

En un an, tu as vu énormément choses. Beaucoup, en une vie, n’en verront pas autant. Comment on se sent après tout cela ?
Libre, incroyablement libre. Ca n’est pas tant ce qu’on voit que la manière dont on le fait. Je n’avais décidé que de mes trois premières destinations, après j’ai improvisé. Ne pas savoir d’une semaine sur l’autre où l’on va être, se laisser convaincre par les populations locales ou les autres voyageurs croisés d’aller ici ou là est complètement jubilatoire.
Et puis pour partir un an, avec un budget limité, et le vivre bien, il faut je crois apprendre à lâcher prise, et là-dessus j’ai fait beaucoup de progrès.

Tu as inclus un circuit au Rajasthan avec Vintage Rides dans ton voyage. Tu es toi-même motarde?
J’aime le look des Royal Enfield, elles ont une histoire qui me fait rêver comme d’autres frissonnent en entendant une Harley. Je roule en 125 cm3 à Paris et j’ai passé mon permis moto exprès pour pouvoir m’inscrire au circuit de Vintages Rides !

Nuit sous les étoiles au milieu du désert, au Rajasthan. Un bivouac incroyable. Avec Vintage Rides

Pourquoi avoir particulièrement choisi le Rajasthan pour faire un trip à moto ?
J’avais voyagé en Inde du Sud il y a une dizaine d’années et j’avais bien envie de voir comment était la vie au Nord… Je n’ai pas été déçue. Après les quelques semaines à moto j’ai pris le train pour Bénarès et Calcutta, facilement accessibles à partir du Rajasthan… Ça vaut le coup de prolonger un peu le voyage lorsque on le peut !

Si tu devais résumer cette expérience…
Inoubliable. Irremplaçable. Addictif… A vrai dire les mots me manquent. Dès qu’on me pose de questions sur ce voyage mon regard se brouille et je revois la lumière jaune du Rajasthan, la poussière, les regards de connivence des femmes qui reviennent chargées de bois de chauffe pour préparer les repas… Et puis tout le reste.

Des projets de voyage pour la suite ?
Avant de repartir je vais essayer d’écrire ce que j’ai vécu. Mais pour le reste, j’ai déjà des tas d’idées, et une vie n’y suffira pas. Par exemple : partir de Papouasie Nouvelle-Guinée et traverser tout le Pacifique jusqu’à Valparaiso…

On espère te revoir au guidon d’une Royal Enfield en notre compagnie ! Si tu nous accordes cette chance, tu voudrais aller où ?
Au Népal ! J’y pense déjà… Découvrir l’Himalaya et approfondir ma connaissance du bouddhisme tibétain et du chamanisme, découverts il y a quelques années pendant un trek en Mongolie…

Je rentre chez un caviste à Sydney, un client y promène son perroquet. En Europe on vous met à l’asile pour moins que ça. Le blog de Stéphanie, actualisé chaque jour durant de son trip, est à découvrir ici. À voir absolument !